lundi 22 juillet 2019

Nantes sous la botte - 22 juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.

Une grande joie personnelle. Nous recevons à 48 heures d’intervalle, un mot de chacun de nos fils. Le plus jeune est en zone libre avec son régiment de dragons montés. L’aîné est prisonnier à l’Oflag IV D en Silésie. C’est un grand soulagement. Par des signes convenus, il a pu nous indiquer le lieu où il se trouve.

Nantes sous la botte - 22 juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.


Le fromage manque totalement.


vendredi 19 juillet 2019

Nantes sous la botte - 19 juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.


Le beurre manque (1) ou du moins il y en a si peu qu’il faut faire le coup de poing pour en obtenir un quart.


    De jeunes Allemandes vêtues d’uniformes gris, coiffées d’un bonnet de police, sont arrivées depuis peu. Beaucoup plus distinguées que les autres, elles portent crânement leur uniforme et sont gantées de gris. Elles donnent l’impression de jeunes filles bien élevées.


    Depuis cette nuit, des troupes allemandes défilent sans arrêt et par la route de Paris et par celle de Saint-Joseph et par celle de Sainte-Luce. Cette triple colonne s’en va vers le nord. D’où viennent-ils si nombreux ? Sans doute des pays occupés. Où vont-ils ? Probablement vers quelque point de la côte, vers l’Angleterre.


(1) Cela doit beaucoup perturber Pierre, qui adore le beurre. Sa femme sera obligée de couper les rares rations de beurre en plusieurs parts, une par personne dans la famille, sinon le beurre ne dure pas à cause de Pierre. Et Pierre mange toujours sa part trop rapidement et mendie ensuite des morceaux aux autres...

mercredi 3 juillet 2019

Nantes sous la botte - 3 juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.

Des troupes, des troupes, et encore des troupes sont passées toute la journée, les unes se dirigeant vers le nord, d’autres vers La Rochelle. Ce matin, un nombreux matériel, neuf peut-on dire, les accompagnait. Hélas ! On reconnaissait le nôtre : celui qu’ils ont pris ou celui qu’on leur a livré.

On prétend que les Anglais ont intimé aux Allemands l’ordre d’évacuer la France, sinon toutes les villes d’Allemagne seraient bombardées les unes après les autres.

On dit encore que trois forts de la ligne Maginot feignent d’ignorer l’armistice et continuent à se battre. Mais que ne dit-on pas…

Sur les murs, ce soir, une nouvelle affiche a été apposée, des lignes téléphoniques ayant été coupées, un quartier de Nantes, du côté de la gare d’Orléans, sera consigné de dix-neuf heures à huit heures demain matin et gardé militairement à toutes ses issues. Tous ceux qui sortiront entre ces heures seront tirés sans avertissement.  

mardi 2 juillet 2019

Nantes sous la botte - 2 juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.


Je vais à Pornic. C'est presque au long de la route, d'interminables convois se dirigeant vers Nantes. La route est jalonnée de voitures gravement accidentées. Quelques unes proviennent du temps des Anglais. Un grand car complètement brûlé est renversé dans un fossé. En passant devant Châteaubougon, je vois les gros bombardiers dont j'ai déjà parlé et qui ont été incendiés au moment de l'arrivée allemande. Il y en a beaucoup, je ne puis les compter. Quel gâchis !
 


Il paraîtrait cependant qu'ils n'étaient pas complètement terminés. Ce serait la raison pour laquelle ils n'ont pas été sauvés. 

A Pornic, de très nombreuses troupes allemandes circulent en tous sens dans des camions archi-bondés.

J'ai vu ce matin une Matford qui avait été volée par les Allemands à son propriétaire, hier soir. Elle était entièrement repeinte en gris allemand et immatriculée selon leur formule avec le double WH officiel. Ah ! Les WH !


lundi 1 juillet 2019

Nantes sous la botte - 1er juillet 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.


Aujourd’hui, un grand mouvement de troupe allemande. En masse, elle quitte Nantes, se dirigeant vers le nord, vers Rennes en particulier. C’est un soulagement, mais il en reste encore beaucoup. Cependant, c’est pour nous personnellement un bien-être, car le cours Cambronne est évacué et ce soir nous avons le plaisir de voir des enfants jouer dans ce jardin.


dimanche 30 juin 2019

Nantes sous la botte - 30 juin 1940 - par Pierre Baguenier Desormeaux

Extrait du journal de mon arrière-grand-père pendant la seconde guerre mondiale, j'ai seulement parfois fait des corrections d'orthographe, et illustré.


Dimanche. Pas de cloches. Les sermons aussi sont toujours interdits mais les messes chantées sont permises. Il y avait énormément de monde à la grand’messe de Saint-Nicolas. Beaucoup peut-être escomptaient une messe basse !